L'Europe qu'il vous faut
De la lecture des réactions (nombreuses) des partisans du "oui" au dernier sondage CSA, il ressort que "le français moyen" (tm), également appelé "france d'en bas" (car pas d'en haut), ne sait pas ce qui est bon pour lui.
C'est fou comme cette réthorique devient systématique depuis l'élection imposée du Président Chirac. La réforme des retraites ? Tu n'en veux pas, mais c'est parce que tu ne comprends pas. La suppression du lundi de pentecôte ? Pareil. La loi sur l'éducation ? Itou. La réforme de la Santé ? Même chose. La liste est longue de tout ce qui est trop compliqué pour toi, français moyen, j'épargnerai donc à ton cerveau aux capacités limitées une énumération pénible qui ne ferait que le fatiguer.
Car ton cerveau a besoin de toutes ses facultés, le 29 mai 2005, pour voter "oui" au référendum.
D'ailleurs... On se demande comment tu as bien pu envisager une seule seconde de voter "non" ? Allons donc, l'Europe ne t'a pourtant fait que du bien depuis Maastricht ! Ta vie a changé : tu travailles moins, tu prends ta retraite plus tôt, tu gagnes plus d'argent, tes enfants sont mieux éduqués, les services publics sont devenus plus efficaces, plus utiles. La couverture médicale est meilleure, le niveau de qualification et de culture a largement progressé. L'Europe, ton nouveau pays, est redevenu la super puissance qu'il était avant Hitler et sa folie des grandeurs. Il concurrence les Etats-Unis sur le plan diplomatique, politique, économique. Les pays qui ont rejoint l'Union sont enfin sur un pied d'égalité, tout le monde passe gaiement les frontières pour aller se taper un barbecue avec ses potes du pays voisin. La consommation a explosé, les entreprises embauchent à tour de bras, les exclus ont été réintégrés, l'environnement est enfin respecté ! Les médicaments et la nourriture partent par avions entiers vers les pays du tiers-monde, car l'Europe est sage et généreuse !
Je te vois faire la grimace, français moyen... Je sens que tu vas me parler de tout un tas de trucs dont je n'ai rien à foutre, et dont tu surestimes l'importance. Le chômage, la précarité, la mort de la recherche et de l'éducation, le "dumping social" (oh, le joli terme!), le retour du flicage et de la prison, l'impérialisme américain, la flambée des prix, les licenciements par dizaines de milliers de personnes, la real-TV, le naufrage des pétroliers, le terrorisme, le forage des zones protégées de l'Alaska, la délocalisation, les millions d'africains qui crèvent du Sida, les ZFI, j'en passe, et des meilleures...
Toutes ces choses, mon ami, n'existeront plus le 30 mai ! Car le 30 mai, tu auras voté "oui" au référendum sur le Traité Constitutionnel Européen. Tu auras, par un geste simple et humble, fait avancer la Grande Machine Européenne. Tu auras voté "oui", car tu as déjà voté "oui" à Maastricht, et aussi "Chirac" aux dernières présidentielles. J'ai confiance en toi français moyen : je sais que tu sauras écouter la voix de la raison (celle des socialistes-libéraux et de la droite libérale, enfin réunis, et grâce à l'Europe, justement). Crois moi, quand Nicolas Sarkozy et François Hollande te disent la même chose, c'est que le moment est important et la cause, juste.
Je récapitule, l'ami (car je te sens un peu con) : pose de ta petite main frêle une des nombreuses briques de ce beau rêve, de cette douce féérie, qu'est l'Union Européenne, et tu seras récompensé. Chaque jour de ta vie après le 29 mai 2005 sera différent, et tu en sortiras grandi.
Si tu as encore un doute, rappelle-toi ceci : c'est moi qui sais ce qui est bon pour toi.
C'est fou comme cette réthorique devient systématique depuis l'élection imposée du Président Chirac. La réforme des retraites ? Tu n'en veux pas, mais c'est parce que tu ne comprends pas. La suppression du lundi de pentecôte ? Pareil. La loi sur l'éducation ? Itou. La réforme de la Santé ? Même chose. La liste est longue de tout ce qui est trop compliqué pour toi, français moyen, j'épargnerai donc à ton cerveau aux capacités limitées une énumération pénible qui ne ferait que le fatiguer.
Car ton cerveau a besoin de toutes ses facultés, le 29 mai 2005, pour voter "oui" au référendum.
D'ailleurs... On se demande comment tu as bien pu envisager une seule seconde de voter "non" ? Allons donc, l'Europe ne t'a pourtant fait que du bien depuis Maastricht ! Ta vie a changé : tu travailles moins, tu prends ta retraite plus tôt, tu gagnes plus d'argent, tes enfants sont mieux éduqués, les services publics sont devenus plus efficaces, plus utiles. La couverture médicale est meilleure, le niveau de qualification et de culture a largement progressé. L'Europe, ton nouveau pays, est redevenu la super puissance qu'il était avant Hitler et sa folie des grandeurs. Il concurrence les Etats-Unis sur le plan diplomatique, politique, économique. Les pays qui ont rejoint l'Union sont enfin sur un pied d'égalité, tout le monde passe gaiement les frontières pour aller se taper un barbecue avec ses potes du pays voisin. La consommation a explosé, les entreprises embauchent à tour de bras, les exclus ont été réintégrés, l'environnement est enfin respecté ! Les médicaments et la nourriture partent par avions entiers vers les pays du tiers-monde, car l'Europe est sage et généreuse !
Je te vois faire la grimace, français moyen... Je sens que tu vas me parler de tout un tas de trucs dont je n'ai rien à foutre, et dont tu surestimes l'importance. Le chômage, la précarité, la mort de la recherche et de l'éducation, le "dumping social" (oh, le joli terme!), le retour du flicage et de la prison, l'impérialisme américain, la flambée des prix, les licenciements par dizaines de milliers de personnes, la real-TV, le naufrage des pétroliers, le terrorisme, le forage des zones protégées de l'Alaska, la délocalisation, les millions d'africains qui crèvent du Sida, les ZFI, j'en passe, et des meilleures...
Toutes ces choses, mon ami, n'existeront plus le 30 mai ! Car le 30 mai, tu auras voté "oui" au référendum sur le Traité Constitutionnel Européen. Tu auras, par un geste simple et humble, fait avancer la Grande Machine Européenne. Tu auras voté "oui", car tu as déjà voté "oui" à Maastricht, et aussi "Chirac" aux dernières présidentielles. J'ai confiance en toi français moyen : je sais que tu sauras écouter la voix de la raison (celle des socialistes-libéraux et de la droite libérale, enfin réunis, et grâce à l'Europe, justement). Crois moi, quand Nicolas Sarkozy et François Hollande te disent la même chose, c'est que le moment est important et la cause, juste.
Je récapitule, l'ami (car je te sens un peu con) : pose de ta petite main frêle une des nombreuses briques de ce beau rêve, de cette douce féérie, qu'est l'Union Européenne, et tu seras récompensé. Chaque jour de ta vie après le 29 mai 2005 sera différent, et tu en sortiras grandi.
Si tu as encore un doute, rappelle-toi ceci : c'est moi qui sais ce qui est bon pour toi.
